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lions, c’est-à-dire une moyenne annuelle de 22 millions ; les seules institutions d’assistance de Paris et de la banlieue, où depuis 60 ans près de 3.000 œuvres ont été fondées, reçoivent aujourd’hui bien plus que ne recevaient celles de toute la France au milieu du siècle[1]. À des établissements laïques gouvernés et administrés par l’État, l’argent n’ira jamais avec cet entrain. En dehors même de toute influence de l’esprit clérical, les donateurs les plus tolérants regarderont à enrichir de tels établissements où la sèche et coûteuse bureaucratie officielle ne saurait remplacer le dévouement efficace et doux qu’inspire la foi religieuse. À un autre point de vue, si les principaux ordres charitables sont autorisés et s’il est permis d’espérer que les autres obtiendront l’autorisation qu’ils ont sollicitée, la nouvelle loi n’apporte pas moins des entraves sans nombre à l’exercice de leur ministère. Le contrôle financier de l’administration, le recours au Conseil d’État nécessaire pour toute extension de la congrégation, enfin, la menace perpétuelle d’une fermeture ou d’une

  1. Léon Lefébure « Paris charitable et prévoyant ».