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la chronique

rappellent le sort qu’elle a fait subir à Charles ier et l’exil de Charles x à Holyrood, celui de Jacques ii à Saint-Germain.

Après les motifs historiques viennent les souvenirs des luttes géantes, de cette guerre de cent ans qui conduisit Henri v à Notre-Dame de Paris et, plus récemment, de ce blocus continental par lequel Bonaparte faillit étrangler son ennemie. L’Inde anglaise a sous les yeux la statue du grand Dupleix ; Montcalm et Wolfe, partagent à Québec le même monument. Enroulés dans les plis de l’Union Jack et du drapeau tricolore, nombre de valeureux soldats dorment côte à côte dans les cimetières de Sébastopol. Partout, dans l’espace et dans le temps, les noms sont accouplés, les lauriers s’entrecroisent, le sang s’est confondu. Et, en dernier lieu, il y a la loi des contrastes. L’Anglais tenace, massif, morose, adore le chant de l’alouette française ; ce chant l’égaye et, inconsciemment, il tend l’oreille pour le recueillir. Tous ces sentiments confondus et confus expliquent la poussée d’enthousiasme dont bénéficia le président Loubet. Mais le motif déterminant, ce fut, sans contredit, la haine de l’Allemagne.