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de france

d’une pareille longévité ministérielle. Mais si de rares ministères ont duré aussi longtemps, aucun sans doute n’a été mieux rempli ni plus régulier dans sa marche ascensionnelle. Nous avons, dans les volumes précédents[1] étudié l’homme et sa méthode, résumé l’œuvre et ses résultats. L’année 1903 n’apporte rien de nouveau au monument dont M. Delcassé s’est fait à la fois l’architecte et le maçon. Point de pierre dans ce monument qui ne fut déjà en place il y a un an ; mais on les voit mieux ; elles sont taillées et sculptées ; elles ont leur forme définitive, leur aspect prévu. Ou plutôt elles les auraient si la démocratie, mue par un beau zèle, n’avait retouché le détail et maladroitement exagéré ici un rond de bosse, surchargé là un motif de décoration, élargi une corniche, défloré une frise. Pendant quatre années, les Français avaient quelque peu méconnu leur ministre des affaires étrangères ; du moins travaillait-il à sa guise et sans entraves ; on ignorait son travail. Maintenant que l’objet en est apparu à tous les regards, tout le monde veut y mettre la

  1. Voir les Chroniques de 1900, ch. iii, de 1901, ch. v de 1902, ch. v.