Page:Pierre de Coubertin - Chronique de France, 1903.djvu/64

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée
50
la chronique

manifestation belliqueuse faite par des gens qui désirent la paix. Le ministre des affaires étrangères n’aurait pas eu besoin de provoquer celle-là, si par leur puéril enthousiasme, leur exaltation dévergondée, les pacifistes n’avaient fait dévier la politique française vers le plus dangereux des mirages. Désarmer au moment où le monde entier renforce ses armements, ce serait priver notre diplomatie et nos négociateurs du seul levier auquel obéissent jusqu’à nouvel ordre les peuples et les rois. Un gouvernement tant soit peu soucieux de ses responsabilités, une opinion tant soit peu sensible aux réalités ne sauraient le tolérer. Mais aussi pourrait-on dire en retournant le mot de M. de Pressensé, pourquoi s’obstiner à parler d’un désarmement dont personne ne veut et n’a jamais voulu ?

L’Allemagne isolée.

En France, tout débat sur le désarmement ramène forcément l’évocation des malheurs de 1870 et la protestation du droit contre la force ; par là le malentendu franco-allemand se trouve souli-