Page:Pierre de Coubertin - L’Éducation anglaise en France, 1889.djvu/122

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projets et espérances

se fait. Il faut une étrange aberration d’esprit pour raisonner de la sorte en ce qui concerne une science remuante et changeante comme la science de l’éducation ; car, si les grandes notions morales qui en sont la base sont immuables en elles-mêmes, la manière de les enseigner est essentiellement variable ; c’est précisément ce qui fait leur grandeur : il y a mille manières différentes de les enseigner et elles sont de tous les temps et de tous les pays. Et puis ces notions ne sont pas tout : si l’humanité réclame un honnête homme, la société le veut instruit, policé, fait à ses lois, aimant ses semblables : autant de façons d’envisager la question pédagogique. Il se peut donc que les progrès absolus que certains se flattent de réaliser soient un peu chimériques ; mais il reste les progrès relatifs correspondant à de nouveaux besoins, à de nouveaux courants d’idées, à de nouvelles conséquences de la civilisation… Pour tout cela il faut avoir les yeux constamment ouverts sur ce que fait le voisin : le statu quo n’est pas permis et on ne saurait se réclamer d’une pratique sous prétexte qu’elle est ancienne et vénérable, quand elle se trouve d’ailleurs en parfaite contradiction avec l’état présent des choses.

D’une façon générale on peut dire que, dans la plupart des internats religieux, le régime est celui qui conviendrait à des moines : ce ne sont pas des