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nos lycéens

autres : les romanciers qui veulent rendre leur héros séduisant le font toujours mince, bien tourné, habile à tous les exercices du corps. C’est très joli dans les livres ; dans la pratique cela ne vaut rien. C’est vrai qu’il y a de ces hommes adroits qui semblent commander à leur corps et réussir toujours du premier coup les mouvements qu’il leur plait d’exécuter ; mais cette facilité même empêche que les exercices physiques ne produisent sur eux leurs effets bienfaisants ; parce qu’ils les pratiquent tous, ils n’en travaillent aucun ; or d’une manière générale et sous forme d’axiome : « tout sport facile n’a pas d’action ». N’allez pas me dire que plus on pratique un sport, plus il devient facile ; c’est le contraire de la vérité, car le perfectionnement musculaire a des limites bien lointaines et l’on y tend sans les atteindre.

Comment les prendrons-nous, nos lycéens ? Aiment-ils le sport ? Sont-ils seulement disposés à l’aimer ? Ils ont bien tous quelques prétentions : en passant près d’un cheval que l’on essaye, ils le détaillent d’un coup d’œil qui veut paraître exercé ; ils parlent au besoin de Mérignac et de Vigeant avec la désinvolture de fins connaisseurs et, sans avoir jamais touché à un bicycle, ils vous expliqueront que ce n’est pas une affaire de rester quasi immobile au moyen d’un petit balancement de la pédale Mais de là à obtenir que d’eux-mêmes