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projets et espérances

brale. Le canotier tire surtout avec les reins : de plus, quand il se lance à grande vitesse, les jambes agissent au moins autant que les bras. » — L’aviron est un exercice de force ; qui le niera ? c’est aussi un exercice de souplesse ; cela peut devenir un exercice de vitesse ou de fonds ; il est facile et difficile à la fois : difficile en ce sens que son perfectionnement est pour ainsi dire sans limites, qu’il entretient l’émulation, qu’il invite à la comparaison incessante avec soi-même et avec ses rivaux ; facile, parce qu’il engendre l’automatisme, produit la fatigue musculaire et non la fatigue nerveuse, et n’exige pas un effort cérébral constant.

Très curieux, ce chapitre dans lequel le docteur Lagrange étudie le rôle du cerveau dans les exercices du corps ; c’est un point de vue nouveau, très vrai et très simple ; on ne s’en était guère inquiété jusqu’ici, mais désormais il ne passera point inaperçu ; on ne s’imaginera plus que tout travail musculaire peut servir de contrepoids au travail intellectuel ; il n’en est rien. Par exemple c’est folie à un homme surchargé d’occupations exigeant un effort du cerveau, de prendre l’escrime pour sa seule récréation

Donc l’aviron, qui se recommande déjà au point de vue social parce qu’il entretient la camaraderie et qu’il n’est pas trop coûteux, mérite encore d’être placé au premier rang par les hygiénistes ; c’est