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à l’école monge

ments, des concours et des prix ; il y a là toute une organisation à établir. Au début, nous rencontrerons beaucoup de mauvais vouloir parmi les élèves eux-mêmes ; ce n’est qu’après des efforts persévérants que nous pourrons triompher de leur apathie ; mais nous en triompherons, je n’en doute pas.

Vous êtes venus, messieurs, entendre parler de la transformation des lycées de Paris : vous attendiez sans doute des considérations plus élevées, des vues d’ensemble et vous pensez peut-être que le « plan » que je vous expose est un peu mince pour s’appeler une transformation. Quelque importance que j’attache au sport en lui-même et pour lui-même, j’avoue qu’ici je le considère surtout comme un moyen et, d’accord avec tous les maîtres anglais et avec plus d’un maître français aussi, j’attends de lui trois choses : la première, c’est qu’il rétablisse, dans nos jeunes générations, l’équilibre rompu depuis longtemps entre le corps et l’esprit, c’est qu’il leur donne non pas tant une force passagère qu’une santé durable et ce prolongement de jeunesse qui permet à l’homme de laisser derrière lui une œuvre solide et achevée. La seconde, c’est qu’il écarte, à l’âge critique, des tentations contre lesquelles rien, dans notre régime actuel, n’opère efficacement ; c’est qu’il fournisse un terrain d’enthousiasme, c’est qu’il procure une