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à l’école monge

toute mesure. Il est à croire que ce métier est bien agaçant et prend beaucoup sur les nerfs, car nul n’y échappe. J’ai vu, chez les jésuites, des surveillants, qui pourtant avaient la ressource de dire leur bréviaire pendant les longues heures d’inaction, distribuer des pensums et des arrêts pour les motifs les plus futiles ; les laïques se contiennent moins encore ; ils ressemblent un peu tous au pion qui écrivait à sa fiancée qu’un congé déplacé au dernier moment l’avait empêché de rejoindre… : « J’ai pesté tout le temps en songeant que tu m’attendais et je te promets que mes élèves ont bien porté le poids de ma mauvaise humeur. » Ces mots sont caractéristiques, et comme ils expliquent et dépeignent bien le perpétuel antagonisme du maître d’étude et de l’élève que rien ne relie l’un à l’autre.

Par contre, jamais on ne me fera croire que des garçons ne peuvent pas au moins à partir de quatorze ans travailler tranquillement ensemble, s’ils sont d’ailleurs habitués à n’être pas tenus constamment sous cloche et si, le reste du jour, ils jouissent d’une part suffisante de jeu et de mouvement physique. Les expériences les plus concluantes ont du reste été faites même dans des lycées par des proviseurs indépendants, qui ont pu ramener le calme dans des études surchauffées où le conflit passait à l’état aigu ; et cela rien qu’en établissant une