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action morale et sociale des exercices sportifs

lorsque les architectes se sentiront en veine d’en suggérer l’édification à quelque municipalité sans déficit ou à quelque milliardaire sans héritiers.

Décoration.

C’est un vaste sujet ; il a été traité ailleurs avec l’ampleur désirable[1]. Ici nous ne pouvons qu’en indiquer en passant les principales directives. Il existe bien des instruments de décoration ; ils se ramènent pourtant à ceux-ci : le drapeau, l’oriflamme, le pavois, la guirlande, le massif, l’écharpe, le velum, le trophée, le treillage, la frise… Il est difficile de sortir de là. Mais que n’existe-t-il pas de diversité dans la façon d’utiliser ces objets et quels effets différents sont produits selon que sont observées ou non les lois très simples qui en régissent l’emploi. On aurait tort d’y voir une question d’argent. On dépensera tout l’argent que l’on voudra ; si ces lois ont été méconnues, l’impression esthétique ne se produira pas. En général, c’est l’absence de proportion qui choque les regards. La proportion et la mesure devraient être partout ; elles risquent de n’être nulle part tant il est facile de les heurter. Elles gisent dans la rencontre de certaines lignes, dans le contraste de certaines couleurs ou le plan de certaines surfaces. Un rien suffit à les déplacer et les force à s’évanouir. Il est des règles générales comme celle-ci : que la décoration d’un monument ne doit jamais en épouser la

  1. Voir Décorations, Pyrotechnie, Harmonies, Cortèges, essai de ruskinianisme sportif paru dans les numéros d’avril, mai, juillet, août et octobre 1911 de la Revue Olympique et ensuite en brochure.