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histoire des exercices sportifs

Cependant Alexandre avait porté l’Hellénisme jusqu’aux confins de l’Inde. Le prodigieux conquérant d’Ecbatane, de Suse et de Babylone avait fondé Herat, Kandahar, Kaboul… Et conquis à son tour par ses nouveaux sujets, il était devenu un adepte du monarchisme oriental sans pour cela se détacher de cet humanisme grec qu’il prisait au-dessus de tout. Aussi sur ses traces avaient germé les institutions helléniques et, parmi elles, le gymnase était au premier rang. Nous n’en pouvons douter lorsque nous voyons un siècle plus tard Antiochus, souverain d’un de ces royaumes hellénisants issus du démembrement de l’empire d’Alexandre, s’emparer de Jérusalem et voulant l’helléniser, y fonder en premier lieu… un gymnase. Il ne réussit pas d’ailleurs. L’Égypte et la Judée incarnent les deux seules civilisations qui résistèrent à la civilisation grecque et ne furent qu’à peine entamées par elle. Mais Séleucie, Antioche, Pergame, Nicomédie, Tarse, Éphèse, Thessalonique furent des foyers d’un hellénisme intense et l’olympisme, même affaibli et corrompu, y vibrait encore.

Comment se fait-il dès lors que Byzance devenue capitale d’un empire qui, encore latinisé au temps de Justinien, retourna de plus en plus à ses origines grecques, n’ait pas été à son tour une puissante métropole sportive ? Le geste de Théodose à Olympie nous l’explique. Le christianisme grandissant poursuivait en l’athlétisme une institution non seulement païenne de naissance mais qu’il jugeait apte à entretenir et à raviver la mentalité païenne. Il restera certains sportifs comme le jeune empereur Romain ii, joueur de paume et amateur de folles chevauchées qui ébranlèrent son tempérament délicat ou bien le fils de Nicéphore Phocas qui fut tué par son cousin