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histoire des exercices sportifs

avait, çà et là, sur le continent, des groupes sportifs non négligeables, mais ce qui les distinguait c’est que leurs effectifs demeuraient stationnaires et que leur emprise sur l’opinion se trouvait presque nulle : amateurs de chasse à courre ou d’équitation de haute école, rameurs, escrimeurs (fleurettistes français, sabreurs italiens et hongrois). Seuls les gymnastes (turners allemands et suisses, sokols de Bohême, gyms français) préoccupés de préparation militaire et subissant un entraînement patriotique bénéficiaient d’un accroissement numérique d’ailleurs assez lent sauf en Bohême et en Allemagne. Mais leur programme d’action restait étroit et rigide.

Or en 1879 fut courue aux environs de Kristiania la première course de ski et, l’année suivante, fut fondé le « Kristiania Ski Club », premier du nom. C’est ainsi que le sport prit possession des régions scandinaves jusqu’alors plus ou moins monopolisées par la gymnastique médicale, étrangère et même hostile à l’idée sportive. La chose est d’autant plus étrange que le ski, venu sans doute d’Asie[1], était déjà pratiqué en ces régions il y a mille ans. Le roi Sveire, en 1200, avait un corps de skieurs émérites ; Gustave-Adolphe de même. Au début du xviiie siècle, des compagnies régulières furent créées dans l’armée norvégienne et un peu plus tard, des écoles militaires ouvertes à Trondhjem et à Kongsvinger ; en 1808

  1. Certaines peuplades asiatiques le pratiquaient encore sous sa forme embryonnaire ; d’autre part il est décrit en 1689 comme passé dans les habitudes des paysans du district d’Aursperg en Carniole, mais c’est toujours un ski très rudimentaire et non celui que les Lapons et les Norvégiens ont perfectionné.