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universités transatlantiques.

fondateur, était un brave Écossais, né à Glasgow en 1744. Il émigra au Canada et se livra au commerce des fourrures, qui constituait alors la principale richesse du pays. Fixé ensuite à Montréal, il en devint l’un des citoyens les plus en vue. Lors de la guerre contre les États-Unis en 1812, il prit, malgré son grand âge, une part active à la défense et mourut l’année suivante, laissant une somme de 30 000 livres (750 000 francs) destinée à élever un collège devant faire partie de l’Université provinciale.

Ce projet d’Université provinciale gisait sur le tapis depuis dix ans ; il était peut-être un peu prématuré si l’on considère que Montréal avait alors 15 000 habitants, qu’une partie de ceux-ci demeuraient encore dans des huttes de bois et qu’en 1813 le mouvement du port se bornait à l’entrée de 9 vaisseaux par an, représentant à peine 1 600 tonnes de marchandises. Mais M. Mac Gill devinait quel rôle l’instruction publique allait jouer dans le xixe siècle et il était pressé d’en assurer le développement au Canada. Le projet fut étouffé grâce « à la vigilance et à l’énergie du clergé catholique », a dit depuis Mgr Langevin, assez aveugle pour ne