Page:Pierre de Coubertin - Universités transatlantiques, 1890.djvu/87

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II

Cambridge touche à Boston comme Eton à Windsor : on passe de l’une à l’autre presque sans s’en douter. Seulement, au lieu d’un simple pont sur la Tamise, il faut ici suivre une interminable chaussée ; la rivière Charles, peu profonde à cet endroit, a des largeurs infinies et, dans ses eaux dormantes, la ville, qui se reflète rappelle les tranquilles cités hollandaises se mirant dans les canaux. Sur la chaussée, supportée par de lourds pilotis, d’aspect incorrect, les tramways électriques circulent, tressautant dans leur marche rapide sur les rails mal joints. De petites étincelles bleuâtres s’échappent des roues, et un feu follet incessant suit le bras métallique qui surmonte le véhicule et glisse sur un fil tendu en l’air.