Page:Pierron - Histoire de la littérature grecque, 1875.djvu/469

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imités de la fameuse épitaphe qu’on lisait, dit-on, sur le tombeau de Philippe, père d’Alexandre : « J’emporte avec moi tout ce que j’ai mangé, le souvenir de mes débauches et des plaisirs que me donna l’amour. »

Alexis n’aimait ni Platon ni les pythagoriciens, et semble avoir été lui-même, jusqu’à un certain point, l’apôtre de ce sensualisme grossier qu’enseignait dans la comédie son professeur de débauche. Il y a une scène fort spirituelle où il nous peint Platon, Speusippe, Ménédème et les disciples de l’Académie discutant sur la nature, distinguant le règne animal des arbres et des légumes, et cherchant à quel genre appartient la citrouille. Sur les pythagoriciens, Alexis ne tarit pas. Il se moque de ces gens qui vivent, comme il dit, de pythagorismes, de raisonnements bien limés et de pensées bien fines. Il ne veut pas qu’on mette le ventre au régime. Il ne croit même pas qu’on l’y mette en effet. Pour lui les pythagoriciens ne sont que des hypocrites, fidèles à la lettre de la doctrine, non à son esprit. N’est-ce pas là le sens de ce passage, qui vient à la suite d’une énumération des règles de l’institut pythagorique : « Épicharidès pourtant, qui est de la secte, mange du chien. — Oui, mais du chien mort : ce n’est plus un être animé. »



Chapitre XXXVI- Comédie nouvelle

Antécédents de la Comédie nouvelle

La Comédie nouvelle n’a pas besoin de définition. C’est la comédie même, c’est-à-dire l’imitation des scènes de la vie, la peinture des mœurs et des caractères. Antiphane et Alexis aidèrent sans doute à sa naissance, mais beaucoup moins qu’on ne se le figure. Les véritables précurseurs de Ménandre furent