Page:Pierron - Histoire de la littérature grecque, 1875.djvu/582

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lutte ne cessa plus, jusqu’au jour où un empereur abolit l’enseignement des sciences et des lettres profanes, et rendit muets les échos qui avaient redit les accents harmonieux du divin Platon.

C’est à Athènes que le polythéisme fit le plus d’efforts pour se rajeunir, et qu’il s’arrêta le plus longtemps sur le penchant de sa décadence. Là brillèrent les dernières lueurs du génie païen ; là se formèrent les hommes qu’on peut nommer les derniers des Grecs. C’est à Athènes que Julien apprit le détail des opérations théurgiques, et qu’il se pénétra de ce mysticisme alexandrin qui fit de lui, sous la pourpre impériale, un personnage si original et si étrange ; c’est à Athènes qu’avaient étudié et enseigné les Libanius, les Thémistius, avant de devenir des hommes considérables dans l’empire ; c’est à Athènes enfin que vécurent et enseignèrent les derniers païens dignes du beau nom de philosophes.


Libanius

Libanius était né en 314 ou 315, à Antioche sur l’Oronte ; et c’est à Antioche qu’il mourut, vers la fin du quatrième siècle, après avoir brillé sur différents théâtres, surtout dans la nouvelle capitale où Constantin avait transporté le siège de l’empire. Libanius était un païen fervent, mais non point fanatique. Il avait pour amis quelques-uns des plus illustres représentants des doctrines chrétiennes, les Basile, les Chrytsostome, les Grégoire de Nazianze. Malgré son amour et son admiration pour Julien, il blâme le restaurateur des vieilles croyances d’avoir porté trop loin le zèle, et d’avoir exercé contre les chrétiens de fâcheuses rigueurs. Il nous reste de lui un grand nombre d’ouvrages, mais qui appartiennent tous plus ou moins au genre sophistique. Ce sont des discours sur divers sujets d’histoire, de mythologie, de morale ; ce sont des harangues officielles ; ce sont des modèles à l’usage des adeptes de l’art oratoire, etc. La seule partie vraiment intéressante des œuvres de Libanius, c’est le recueil de ses lettres. Il y en a plus de deux mille ; et c’est là qu’on peut étudier avec le plus de fruit l’état de la littérature et de la