Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/110

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seulement pour la dispute présente, mais pour être conséquent avec toute ma vie, de dire qu’il y a des choses agréables qui ne sont pas bonnes, d’autres douloureuses qui ne sont pas mauvaises, et d’autres qui le sont ; et enfin qu’il y en a une troisième espèce, qui n’est ni l’un ni l’autre, ni bonne ni mauvaise.

N’appelles-tu point agréables celles que le plaisir [351e] accompagne, ou qui font plaisir ?

Assurément.

Je te demande donc si en tant qu’agréables elles ne sont pas bonnes ; et le sens de ma question est, si le plaisir lui-même n’est point un bien.

Je réponds à cela, Socrate, comme tu réponds toi-même tous les jours, que c’est une chose qu’il faut examiner. Si cet examen nous paraît appartenir à notre sujet, et que d’ailleurs le bon et l’agréable nous semblent être la même chose, nous l’accorderons ; sinon, nous disputerons.

Veux-tu, lui dis-je, marcher le premier dans cette recherche, ou aimes-tu mieux que je te conduise ?

Il est juste, répondit-il, que tu me conduises, puisque c’est toi qui tiens le discours.

[352a] Ne parviendrons-nous pas, repris-je, de la manière suivante à découvrir ce que nous cherchons ?

De même que si on examinait un homme sur