Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/139

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rations morales et politiques qui remplissent tout le milieu du Gorgias sont bien propres à fixer l’attention, elles devaient paraître aux yeux les plus exercés le centre et le but du dialogue ; aussi Scheiermacher lui-même finit-il par incliner à l’opinion d’Olympiodore.

Rien de plus naturel, et pourtant, selon nous, rien de plus inexact. Selon nous, le vrai but du Gorgias est la rhétorique, comme le veut l’opinion la plus vulgaire et la seconde inscription du dialogue, quel qu’en soit l’auteur. Nous rendons hommage à la sagacité d’Olympiodore, qui a très bien compris que tous les points de vue de ses devanciers s’appliquent à une seule partie du dialogue ; mais nous croyons que son point de vue a le même défaut ; qu’il ne rend pas compte de l’ouvrage tout entier, et que, pour le maintenir dans sa rigueur, il faudrait lui sacrifier toute la partie du Gorgias qui roule sur la rhétorique, et qui n’aurait plus