Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/14

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à toutes son propre caractère. En effet, ce n’est point par tel ou tel acte, pour ainsi dire, extérieur, que l’âme est vertueuse, mais par une résolution intérieure et par une énergie générale et fondamentale, si l’on peut s’exprimer ainsi. Diverse au-dehors, comme le monde auquel elle se mêle ; variée et infinie comme les situations de la vie ; aussi souple que la tentation ; docile même jusqu’à un certain point à l’analyse vulgaire, qui la divisé pour la classer, et la classe pour s’entendre du moins avec elle-même, la vertu est Une dans l’âme et dans l’intention de l’agent moral ; son unité et son identité constituent toute sa réalité. Platon reproduit souvent ce principe, qui plus tard devint un des élémens du stoïcisme, et produisit dans son exagération le paradoxe célèbre que l’homme a toutes les vertus ou n’en a pas une, et que la vertu est parfaite ou n’est pas. Ici Socrate l’établit avec rigueur et lucidité dans toute sa portée et dans ses justes limites ; et les vertus ainsi ré-