Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/148

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


thies puissantes, mais cachées, de l’âme avec la vérité par l’intermédiaire de la beauté, employée comme une forme de la vérité elle-même. Le beau est agréable, et l’art plaît sans doute ; mais l’agrément n’est pas la beauté, et l’art se propose autre chose que de faire plaisir. La rhétorique, indifférente à la vérité, substitue l’agrément à la beauté, et cherche seulement à plaire. La rhétorique n’est donc pas un art : c’est une routine sans principes, dit Platon, ἐμπειρία τις, une pratique servile, un métier qu’il ne craint pas de comparer aux métiers les plus bas, à celui de la cuisine, par exemple ; car tous deux ont le même but, savoir le plaisir, et tous deux ne sont que deux espèces diverses d’un même genre, la flatterie. Telles sont les conséquences qui sortent naturellement de la définition convenue de la rhétorique ; et nous doutons que la rhétorique ancienne ou moderne puisse y échapper. Nul avocat, nul académicien ne pourrait faire une plus belle