Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/151

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peu subtilement, on ne veut pas son mal, quoique souvent on le fasse, on ne veut que son bien ; on ne veut donc que le bien. On ne veut pas, à proprement parler, la chose que l’on fait en vue d’une autre ; on ne vent que la chose en vue de laquelle on fait ce qu’on fait. Ce n’est pas la médecine amère que l’on veut, mais la santé qu’elle peut donner ; ce n’est pas le crime que l’on veut, mais le bien qu’on espère au-delà. D’où il suit que l’homme ne voulant que le bien, s’il fait le mal, il ne le veut pas ; il ne fait donc pas ce qu’il veut en faisant le mal ; il n’a pas de pouvoir. L’élève de la rhétorique, comme le tyran, s’il ne fait pas le bien, ne veut pas ce qu’il fait ; il n’est pas puissant. Reste à prouver qu’il n’est pas heureux.

En quoi peut consister le bonheur d’un être ? Que l’on y pense sérieusement et qu’on voie s’il est possible que le vrai bonheur d’un être soit ailleurs que dans son rapport le plus intime à sa loi, et s’il est possible que