Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/175

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


encore le bonheur ; car le bonheur pour une âme ne peut être que dans le bien et dans l’ordre.

La première loi de l’ordre, nous l’avons vu, est d’être fidèle à la vertu, et à cette partie de la vertu qui se rapporte à la société, savoir la justice. Mais si l’on y manque la seconde loi de l’ordre est d’expier sa faute ; et on ne l’expie que par la punition. Les publicistes cherchent encore le fondement de la pénalité. Ceux-ci, qui se croient de grands politiques, le trouvent dans l’utilité de la peine pour ceux qui en sont les témoins, et qu’elle détourne du crime par la terreur de sa menace et sa vertu préventive. Et c’est bien là, il est vrai, un des effets de la pénalité, mais ce n’est pas là son fondement ; car la peine, en frappant l’innocent, produirait autant et plus de terreur encore, et serait tout aussi préventive. Ceux-là, dans leurs prétentions à l’humanité, ne veulent voir la légitimité de la peine que dans son