Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/181

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un moment elles ramènent sur la terre. En effet il suffit de rappeler dans leur simplicité les deux vérités qui résultent de la polémique précédente, savoir, que c’est un mal de commettre une injustice, et un plus grand mal d’en chercher ou d’en procurer l’impunité, pour revenir naturellement à cette malheureuse rhétorique qui, prenant l’apparence pour la réalité, croit faire merveille d’éviter au coupable la punition qui pourrait le réconcilier avec l’ordre et le bonheur et ne cherche pour ses cliens et pour elle-même que l’utilité du moment, le succès et le plaisir.

Si le but de la rhétorique est le succès, l’orateur est un courtisan qui ne peut trop flatter celui auquel il veut plaire, peuple ou tyran, sans s’arrêter devant aucune limite, car où commence la limite de la flatterie, décroît la faveur, et le but est manqué. Il faut donc, pour être conséquent, ou le poursuivre exclusivement, ou le rejeter totale-