Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/203

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pense pas que tu appelles ainsi ni l’arithmétique, ni la géométrie.


GORGIAS.

Tu ne te trompes point, Socrate, et tu prends ma pensée comme il faut la prendre.


SOCRATE.

Allons, achève ta réponse à ma question. Puisque la rhétorique est un de ces arts qui font un grand usage du discours, et que beaucoup d’autres sont dans le même cas, tâche de me dire par rapport à quoi toute la force de la rhétorique consiste dans le discours. Si quelqu’un me demandait au sujet d’un des arts que je viens de nommer : Socrate, qu’est-ce que la numération ? je lui répondrais, comme tu as fait tout-à-l’heure, que c’est un des arts dont toute la force est dans le discours. Et s’il me demandait de nouveau : Par rapport à quoi ? je lui dirais que c’est par rapport à la connaissance du pair et de l’impair, pour savoir combien il y a d’unités dans l’un et dans l’autre. Pareillement, s’il me demandait : Qu’entends-tu par le calcul ? je lui dirais aussi que c’est un des arts dont toute la force consiste dans le discours. Et s’il continuait à me demander : Par rapport à quoi ? je lui répondrais, comme ceux qui recueillent les suffrages