Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/205

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rique est un de ces arts qui achèvent et exécutent tout par le discours, n’est-ce pas ?


GORGIAS.

Cela est vrai.


SOCRATE.

Dis-moi donc quel est le sujet auquel se rapportent ces discours dont la rhétorique fait usage.


GORGIAS.

Ce sont les plus grandes de toutes les affaires humaines, Socrate, et les plus importantes.


SOCRATE.

Ce que tu dis là, Gorgias, est une chose controversée, sur laquelle il n’y a encore rien de décidé : car tu as, je pense, entendu chanter dans les banquets la chanson, où les convives, faisant l’émunération des biens de la vie, disent que le premier est la santé ; le second, la beauté ; le troisième, la richesse acquise sans injustice, comme parle l’auteur de la chanson[1].


GORGIAS.

Je l’ai entendu ; mais à quel propos dis-tu cela ?


SOCRATE.

C’est que les artisans de ces biens, chantés par

  1. Simonide, ou Épicharme, selon le Scholiaste. Voyez Brunck, Annal. I, 122.