Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/217

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tie sur les conseils de Thémistocle, en partie sur ceux de Périclès, et non sur ceux des ouvriers.


SOCRATE.

Je sais, Gorgias, qu’on le dit de Thémistocle. À l’égard de Périclès, je l’ai entendu moi-même, lorsqu’il conseilla aux Athéniens d’élever la muraille qui sépare Athènes du Pirée[1].


GORGIAS.

Ainsi tu vois, Socrate, que quand il s’agit de prendre un parti sur les objets dont tu parlais, les orateurs sont ceux qui conseillent, et dont l’avis l’emporte.


SOCRATE.

C’est aussi ce qui m’étonne, Gorgias, et ce qui est cause que je t’interroge depuis si long-temps sur la vertu de la rhétorique. À le prendre ainsi, elle me paraît merveilleusement grande.


GORGIAS.

Et si tu savais tout, Socrate, si tu savais que la rhétorique embrasse, pour ainsi dire, la vertu de tous les autres arts ! Je vais t’en donner une preuve bien frappante. Je suis souvent entré, avec mon frère[2] et d’autres médecins, chez certains

  1. À la mort de Périclès Socrate avait 40 ans.
  2. Hérodicus.