Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/222

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vient donc de penser aussi aux assistans, et de n’en retenir aucun qui aurait quelque autre chose à faire.


CHÉRÉPHON.

Vous entendez, Gorgias et Socrate, le bruit que font tous ceux qui sont présens, pour témoigner le désir qu’il ont de vous entendre, si vous continuez à parler. Pour moi, aux dieux ne plaise que j’ai jamais des affaires si pressées, qu’elles m’obligent à quitter une dispute aussi intéressante et aussi bien dirigée, pour vaquer à quelque chose de plus nécessaire.


CALLICLÈS.

Par tous les dieux, Chéréphon, tu as raison. J’ai déjà assisté à bien des entretiens, mais je ne sais si aucun m’a causé autant de plaisir que celui-ci, et vous m’obligeriez fort, si vous vouliez converser ainsi toute la journée[1].


SOCRATE.

Si Gorgias y consens, tu ne trouveras, Calliclès, nul obstacle de ma part.


GORGIAS.

Il serait désormais honteux pour moi de n’y

  1. Il est aisé de reconnaître ici le ton du maître de la maison. Les assistans dont parle Chéréphon sont des invités de Calliclès, arrivés avant Chéréphon et Socrate, et qui ont déjà entendu Gorgias.