Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/243

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ma part d’avoir fait un long discours, après te les avoir interdits. Mais je mérite d’être excusé ; car lorsque je me suis expliqué en peu de mots tu ne m’as pas compris, tu ne savais quel parti tirer de mes réponses, et il me fallait me développer. Lors donc que tu répondras, si je me trouve dans le même embarras à l’égard de tes réponses, je te permets de t’étendre à ton tour. Mais tant que je pourrai en tirer parti, laisse-moi faire : rien n’est plus juste. Et maintenant, si tu peux faire quelque chose de cette réponse, vois, je te la livre.


POLUS.

Qu’est-ce que tu dis ? La rhétorique est, à ton avis, la même chose que la flatterie ?


SOCRATE.

J’ai dit seulement qu’elle en était une partie. Eh quoi, Polus ! à ton âge tu manques déjà de mémoire ? que sera-ce donc quand tu seras vieux ?


POLUS.

Te semble-t-il que dans les états les bons orateurs soient regardés comme de vils flatteurs ?


SOCRATE.

Est-ce une question que tu me fais, ou un discours que tu entames ?


POLUS.

C’est une question.