Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/259

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POLUS.

Il est vraiment bien difficile de te réfuter, Socrate. Un enfant même ne te prouverait-il pas que tu ne dis point la vérité ?


SOCRATE.

Je serai fort redevable à cet enfant, et je ne te le serai pas moins, si tu me réfutes, et si tu me délivres de mes extravagances. Ne te lasse point d’obliger un homme qui t’aime : de grâce, montre-moi que j’ai tort.


POLUS.

Il n’est pas besoin, Socrate, de recourir pour cela à des exemples anciens. Ce qui s’est passé hier et avant-hier[1] suffit pour te confondre, et pour démontrer que beaucoup d’hommes injustes sont heureux.


SOCRATE.

Qu’est-ce donc ?


POLUS.

Tu vois cet Archélaüs, fils de Perdiccas, roi de Macédoine.


SOCRATE.

Si je ne le vois pas, du moins j’en entends parler ?

  1. Pour dire récemment. Voyez le second Alcibiade, t. V, p. 151.