Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/264

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toute la famille de Périclès ; et telle autre famille d’Athènes qu’il te plaira de choisir. Mais je suis, quoique seul, d’un autre avis : car tu ne dis rien qui m’oblige d’en changer, et tu ne fais que produire contre moi une foule de faux témoins pour me déposséder de mon bien et de la vérité. Pour moi, à moins que je ne te réduise à rendre toi-même témoignage à la vérité de ce que je dis, je n’ai, à mon sens, rien gagné contre toi, ni toi, je pense, contre moi, à moins que je ne dépose, quoique seul, en ta faveur, et que tu ne comptes absolument pour rien le témoignage des autres. Voilà donc deux manières de réfuter, l’une que tu crois bonne, ainsi que bien d’autres ; l’autre, que je juge telle aussi de mon côté. Comparons-les ensemble, et voyons si elles ne diffèrent en rien ; car les objets sur lesquels nous ne sommes point d’accord, ne sont pas de petite conséquence : au contraire, il n’y en a peut-être point qu’il soit plus beau de connaître, et plus honteux d’ignorer, puisqu’ils aboutissent à ceci, de savoir ou d’ignorer qui est heureux ou malheureux. Et pour en venir à la question qui nous occupe, tu prétends en premier lieu qu’il est possible qu’on soit heureux étant injuste, et au milieu même de l’injustice ; puisque tu crois qu’Archélaüs, quoique