Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/295

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ser contre soi-même et contre ses proches, de ne pas s’épargner, et pour cela de mettre en œuvre toutes les ressources de la rhétorique, afin de parvenir, par la manifestation de ses crimes, à être délivré du plus grand des maux, de l’injustice. Accorderons-nous cela, Polus, ou le nierons-nous ?


POLUS.

Cela me paraît bien étrange, Socrate. Toutefois peut-être est-ce une conséquence de ce que nous avons dit plus haut.


SOCRATE.

Ainsi, il faut ou renverser nos discours précédens, ou convenir que ceci en résulte nécessairement.


POLUS.

Oui. La chose est ainsi.


SOCRATE.

Et l’on fera tout le contraire, lorsqu’on voudra faire du mal à quelqu’un, soit à son ennemi, soit à tout autre ; il faut seulement n’avoir rien à souffrir soi-même de son ennemi ; on doit bien y prendre garde ; mais s’il commet une injustice envers un autre, il faut s’efforcer de toute manière, et d’action et de paroles, de le soustraire au châtiment, et empêcher qu’il ne paraisse devant les juges ; et au cas qu’il y paraisse, il faut