Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/325

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fables, Sicilien peut-être ou Italien[1], appelait par une allusion de nom cette partie de l’âme un tonneau, à cause de sa facilité à croire et à se laisser persuader[2], et les insensés des hommes qui ne sont pas initiés aux saints mystères. Il comparait la partie de l’âme de ces hommes non initiés, dans laquelle résident les passions, en tant qu’elle est intempérante et ne saurait rien retenir, à un tonneau percé, à cause de son insatiable avidité[3]. Il pensait tout au contraire de toi, Calliclès, que de tous ceux qui sont dans l’autre monde (entendant par là le monde invisible[4]) les plus malheureux sont les hommes que l’initiation n’a pas purifiés, et qu’ils portent dans un tonneau percé de l’eau qu’ils puisent avec un crible également percé. Ce crible, disait-il en m’expliquant sa pensée, c’est

  1. Le Scholiaste : Peut-être Empédocle, qui était pythagoricien.
  2. Πίθος signifie un tonneau, πιθανὸς, qui est facile à persuader ; jeu de mots qu’on ne saurait rendre en notre langue.
  3. Ἀμυήτους, profanes, non initiés, et en même temps qui ne peuvent rien garder, rimosi. Jeu de mot intraduisible.
  4. Ἅδης est en effet formé d’αἐιδής, invisible. Voyez le Phédon, et le Cratyle.