Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/339

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me reprendre. Ne cesse-t-on pas en même temps d’avoir soif et de sentir le plaisir qu’il y a à boire ?


CALLICLÈS.

Je n’entends rien à ce que tu dis.


GORGIAS.

Ne parle point de la sorte, Calliclès ; réponds du moins à cause de nous, afin d’achever cette dispute.


CALLICLÈS.

Socrate est toujours ainsi, Gorgias. Il fait de petites questions, qui ne sont de nulle importance, et puis il vous réfute.


GORGIAS.

Que t’importe ? Après tout, ce n’est point ton affaire, Calliclès. Laisse Socrate argumenter à sa guise.


CALLICLÈS.

Continue donc tes minutieuses et petites interrogations, puisque tel est l’avis de Gorgias.


SOCRATE.

Tu es heureux, Calliclès, d’avoir été initié aux grands mystères avant de l’avoir été aux petits : pour moi, je n’aurais pas cru que cela fût permis[1]. Reviens donc à l’endroit où tu en es resté,

  1. Le Scholiaste : Les petits mystères se célébraient à Athènes ; les grands à Éleusis, et on ne pouvait être admis à ces derniers qu’après avoir passé par les premiers.