Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/358

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c’est donc une rhétorique. En effet, ne te semble-t-il pas que les poètes font les orateurs sur les théâtres ?


CALLICLÈS.

Oui.


SOCRATE.

Nous avons donc trouvé une rhétorique pour ce peuple, composé d’enfans, de femmes et d’hommes, de citoyens libres et d’esclaves[1], confondus ensemble, rhétorique dont nous ne faisons pas grand cas, puisque nous l’avons appelée flatterie.


CALLICLÈS.

Cela est vrai.


SOCRATE.

Fort bien. Et que nous semble de cette rhétorique faite pour le peuple d’Athènes et les peuples des autres cités, tous composés de personnes libres ? Te paraît-il que les orateurs fassent toujours leurs harangues en vue du plus grand bien, et se proposent pour but de rendre par leurs discours leurs concitoyens aussi vertueux qu’il est possible ? Ou bien les orateurs eux-mêmes, cherchant à plaire à leurs concitoyens, et négligeant l’intérêt public pour ne

  1. Ce passage prouve qu’à cette époque les femmes et les esclaves n’étaient pas exclus des représentations scéniques.