Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/381

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je fusse sourd pour l’ignorer, après l’avoir entendu tout-à-l’heure plus d’une fois de ta bouche, de celle de Polus, et de presque tous les habitans de cette ville. Mais écoute-moi à mon tour. Je conviens qu’il mettra à mort qui il voudra : mais il sera méchant, et celui qu’il fera mourir, homme de bien.


CALLICLÈS.

N’est-ce pas précisément ce qu’il y a de plus fâcheux ?


SOCRATE.

Non, du moins pour l’homme sensé, comme ce discours le prouve. Crois-tu donc qu’on doive s’appliquer à vivre le plus long-temps qu’il est possible, et apprendre les arts qui nous sauvent de péril en toute rencontre, comme la rhétorique que tu me conseilles d’étudier et qui fait notre sûreté devant les tribunaux ?


CALLICLÈS.

Et, par Jupiter, je te donne là un très bon conseil.


SOCRATE.

Et quoi, mon cher, l’art de nager te paraît-il bien sublime ?


CALLICLÈS.

Non, certes.