Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/393

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réputation, et que les Athéniens, dans le temps qu’ils étaient plus méchans, ne rendirent contre lui aucune sentence infamante ; mais que sur la fin de la vie de Périclès, après qu’ils furent devenus bons et vertueux par ses soins, ils le condamnèrent pour cause de péculat, et que peu s’en fallut qu’ils ne le jugeassent à mort, sans doute comme un mauvais citoyen.


CALLICLÈS.

Eh bien ! que fait cela contre Périclès ?


SOCRATE.

On tiendrait pour un très mauvais gardien tout homme qui aurait des ânes, des chevaux, des bœufs à soigner, s’il faisait comme Périclès, et si ces animaux, devenus féroces entre ses mains, ruaient, frappaient de la corne, mordaient, quoiqu’ils ne fissent rien de semblable lorsqu’on les lui a confiés. Ne penses-tu pas en effet qu’on s’entend mal à gouverner quelque animal que ce soit, quand on l’a reçu doux, et qu’on le rend plus intraitable qu’on ne l’a reçu ? Est-ce ton avis, ou non ?


CALLICLÈS.

Je le veux bien, pour te faire plaisir.


SOCRATE.

Fais-moi donc encore le plaisir de me dire si l’homme est ou n’est pas dans la classe des animaux.