Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/409

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juges aurait à dire pour sa défense, si on l’accusait en ces termes : Enfans, cet homme vous a fait beaucoup de mal : il vous perd vous et ceux qui sont plus jeunes que vous, et vous jette dans le désespoir, vous coupant, vous brûlant, vous amaigrissant et vous étouffant ; il vous donne des potions très amères, et vous fait mourir de faim et de soif, au lieu de vous servir, comme moi, des mets de toute espèce, en grand nombre et flatteurs au goût. Que penses-tu que dirait un médecin dans une pareille extrémité ? Dirait-il ce qui est vrai ? Enfans, je n’ai fait tout cela que pour vous conserver la santé. Comment crois-tu que de tels juges se récrieront à cette réponse ? de toutes leurs forces, n’est-ce pas ?


CALLICLÈS.

Il y a tout lieu de le croire.


SOCRATE.

Ce médecin donc ne se trouvera-t-il pas, à ton avis, dans le plus grand embarras sur ce qu’il doit dire ?


CALLICLÈS.

Assurément.


SOCRATE.

Je sais bien que la même chose m’arriverait, si je comparaissais devant un tribunal. Je ne pourrai parler aux juges des plaisirs que je leur ai pro-