Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/447

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pris pour l’âme ; et comme le fond du crible se compose de lignes droites formées par les trous dont il est percé, il se prend aussi pour l’âme non raisonnable, les intervalles des trous étant des lignes droites; donc pat le crible il entend l’âme raisonnable ayant pour base l’âme non raisonnable (ὑπερστρωμμένην τῇ ἀλόγῳ). L’eau, c’est la partie passagère de la nature (τὸ ῥευστὸν τῆς φύσεως) ; car, comme le dit Héraclite, l’humidité est la mort de l’âme (ψυχῆς ἐστι θάνατος ἡ ὑγρασία).

Socrate dit que ces mythes ne sont pas tout-à-fait absurdes : ταὐτ’ ἐπιεικῶς μέν ἐστιν ὑπό τι ἄτοπα; si on les compare aux mythes des poètes. Ceux-ci sont nuisibles; les autres, au contraire, sont utiles à ceux qui pensent.

Voici maintenant la fin du commentaire relative au mythe qui termine le Gorgias. Elle comprend les πράξεις 47, 48, 49 et 50.

Puisque Platon raconte un mythe, cherchons 1° ce qui porta tes anciens à l’invention des mythes. 2° Quelle est la différence entre les mythes philosophiques et les mythes poétiques. 3° Quel est le but de celui qu’expose Platon.

1° Les mythes se rapportent d’un côté à la nature, de l’autre à notre âme.

Le mythe est fondé sur la nature : les choses invi-