Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/450

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mythes consiste en ce que l’on se contente souvent de leurs dehors, parce qu’ils ne sont pas absurdes et qu’on n’en cherche pas le vrai sens.

Telles sont les différences des mythes. On les emploie encore pour ne pas divulguer ce qui ne pourrait être compris. Comme dans les cérémonies religieuses on voile les instrument sacrés et les choses mystérieuses, afin de les dérober aux regards des hommes indignes; ainsi les mythes enveloppent la doctrine, afin qu’elle ne soit pas livrée au premier venu. En outre, les mythes philosophiques se rapportent aux trois puissances de l’âme. Si nous étions une pure intelligence sans imagination, l’esprit, uniquement occupé des choses intelligibles, n’aurait pas besoin de mythes. Si, au contraire, nous étions tout-à-fait privés d’intelligence, si notre vie était toute livrée à imagination, sans rien chercher au-delà (ταύτην μόνον προβολὴν ἔχοντες), les mythes suffiraient à tous nos besoins ; mais nous avons en nous l’intelligence, l’opinion, l’imagination. « Voulez-vous, dit Platon, vous conduire d’après l’intelligence ? vous avez la voie de la démonstration. D’après l’opinion ? vous avez celle du témoignage. Par l’imagination ? vous avez les mythes. Ainsi tous les besoins sont satisfaits. »

3° Quel est le but du mythe du Gorgias ?

Platon rapporte des mythes en plusieurs endroits :