Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/456

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’humide et le sec; mais quoiqu’il y ait combat, il y a harmonie. Voilà ce que disent les poètes. C’est pourquoi ils nous montrent Ulysse errant sur les mers par la volonté de Neptune ; ils veulent dire que la manière d’être d’Ulysse n’était ni terrestre, ni céleste, mais mitoyenne ; car Neptune préside à l’ordre intermédiaire. Ainsi, nous appelons fils de Jupiter celui qui ordonne son âme selon le ciel; fils de Pluton, celui qui vit d’une vie terrestre ; fils de Neptune, celui qui suit les lois de l’ordre intermédiaire. — Vulcain est une puissance préposée aux corps. C’est pour cela qu’il travaille avec des soufflets, ἐν φύσαις, c’est-à-dire, ἐν ταῖς φύσεσιν, avec les productions de la nature.

Puisqu’il est ici question des îles fortunées, de la justice, du châtiment, de la prison, faisons connaître chacune de ces choses. Il faut savoir que les philosophes comparent la vie humaine à la mer ; comme la mer, elle est sujette au trouble, elle est féconde, amère et semée de difficultés. Les îles dominent la mer et s’élèvent au-dessus d’elle; aussi les poètes donnent le nom d’îles fortunées à cette manière d’être qui s’élève au-dessus de cette vie et de la création. Il en est de même des champs Élysées ; c’est pourquoi Hercule exécuta le dernier de ses travaux dans les régions de l’occident, c’est-à-dire qu’après avoir achevé