Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/460

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que cette prairie ? Les anciens donnent à la génération le nom de humide. On l’appelle une prairie à cause de l’humidité et de la variété. Trois chemins y aboutissent, parce que, entre les âmes qui sortent de ce lieu, les unes s’élèvent, étant dignes de monter vers les cieux ; les autres sont précipitées vers la terre ; d’autres, enfin, se rendent dans un lieu intermédiaire.

On trouve plus souvent dans les mythes des philosophes que dans ceux des poètes, des démonstrations jetées au milieu du mythe, semblables à l’affabulation des fables d’Ésope. Ainsi l’on pourrait demander comment les juges, habitant toujours l’autre monde, savent ce qui se passe dans celui-ci. Platon répond que la mort n’est que la séparation de l’âme d’avec le corps. Comme le corps conserve quelque temps après la mort les traces de ce qu’il a éprouvé pendant la vie, de même l’âme porte l’empreinte de sa vie passée, c’est-à-dire, la conscience. Les juges, en voyant ces traces, apprennent quelles furent ses actions. Il emploie cette démonstration pour le mythe vulgaire.

« Ἐπειδὰν οὖν ἀφίκωνται παρὰ τὸν δικαστήν… »

Platon ôte au mythe son caractère poétique, en y ajoutant des démonstrations qui appartiennent proprement au mythe philosophique. Après avoir dit que les juges sont nus et que les morts gardent leur