Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/52

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leur vie. Aussitôt que l’enfant comprend ce qu’on lui dit, la nourrice et la mère, le pédagogue et [325d] le père lui-même disputent à l’envi à qui donnera à l’enfant la plus excellente éducation, lui enseignant et lui montrant au doigt, à chaque parole et à chaque action, que telle chose est juste et que telle autre est injuste ; que ceci est honnête, et cela honteux ; que ceci est saint, et cela impie ; qu’il faut faire ceci, et ne pas faire cela. S’il est docile à ces leçons, tout va bien : sinon, ils le redressent par les menaces et les coups, comme un arbre tortu et courbé. Ils l’envoient ensuite chez un maître, auquel ils recommandent bien plus d’avoir soin [325e] de former ses mœurs, que de l’instruire dans les lettres et dans l’art de toucher le luth. C’est aussi à quoi les maîtres donnent leur principale attention, et lorsque les enfans apprennent les lettres, et sont en état de comprendre les écrits, comme auparavant les discours, ils leur donnent à lire sur les bancs, et les obligent d’apprendre par cœur [326a] les vers des bons poètes, où se trouvent quantité de préceptes, de détails instructifs, de louanges et d’éloges des grands hommes des siècles passés ; afin que l’enfant se porte, par un principe d’émulation, à les imiter, et conçoive le désir de leur ressembler. Les maîtres de luth en usent de même ; ils ont soin que les enfans soient