Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/522

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de choses, la liberté qu'ils te refusent dans les autres ? — C'est, je pense, parce que je sais les unes, et que j'ignore les autres. — À la bonne heure, mon enfant. Ce ne sont donc pas les années que ton père attend pour te donner ta liberté ; mais du jour où il te trouvera plus prudent que lui-même, il ne demandera pas mieux que de t'abandonner la conduite de tous ses biens, et la sienne propre. — Je le crois. — Fort bien ; et votre voisin n'en est-il pas avec toi, sous ce rapport, aux mêmes termes que ton père ? [209d] Ne te confierait-il pas très volontiers l'administration de sa maison, du moment qu'il serait convaincu que tu t'y entends mieux que lui ? — Oui, il me la confierait. — Et les Athéniens, penses-tu qu'ils ne te remettront point la direction de leurs affaires, dès qu'ils t'auront reconnu la capacité convenable ? — Si fait. — Et maintenant, par Jupiter, prenons le grand roi lui-même ; qui préférerait-il, s'il s'agissait de faire une sauce pour des viandes qu'on vient de cuire, de son fils aîné, l'héritier présomptif du trône de l'Asie, [209e] ou bien de nous, si nous étions dans le cas de prouver en sa présence que nous entendons mieux que son fils l'apprêt d'un ragoût ? — Ce serait nous, sans doute — Et, quant au prince, il ne lui laisserait pas mettre