Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/599

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mais d’une pierre précieuse, ayant cherché celle qui va le mieux avec l’ivoire ? Est-ce qu’une belle pierre est aussi une belle chose ? Le dirons-nous, Hippias ?

HIPPIAS.

Oui, lorsqu’elle convient.

SOCRATE.

Et lorsqu’elle ne convient pas, accorderai-je ou non qu’elle est laide ?

HIPPIAS.

Accorde-le, lorsqu’elle ne convient pas.

[290d] SOCRATE.

Mais quoi ! me dira-t-il, ô habile homme que tu es ! l’ivoire et l’or n’embellissent-ils point les choses auxquelles ils conviennent, et n’enlaidissent-ils point celles auxquelles ils ne conviennent pas ? Nierons-nous qu’il ait raison, ou l’avouerons-nous ?

HIPPIAS.

Nous avouerons que ce qui convient à chaque chose la fait belle.

SOCRATE.

Quand on fait bouillir, dira-t-il, cette belle marmite, dont nous parlions tout-à-l’heure, pleine d’une belle purée, quelle cuillère convient à cette marmite ? une d’or, ou de bois de figuier ?