Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/678

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fut l'excès de jalousie auquel les autres Grecs se portèrent contre Athènes. Ils ne rougirent point d'implorer, par des envoyés, l'alliance de ce roi, notre implacable ennemi, de ramener, eux-mêmes, contre des Grecs, le barbare que nos efforts communs avaient chassé ; en un mot, de réunir tous les Grecs et tous les barbares contre cette ville. Mais ce fut alors [243c] aussi qu'Athènes déploya sa force et son courage. On la croyait déjà perdue ; notre flotte était enfermée près de Mitylène. Un secours de soixante navires arrive ; ceux qui les montent sont l'élite de nos guerriers ; ils battent l'ennemi et dégagent leurs frères ; mais, victimes d'un sort injuste, on ne peut les retirer de la mer, et ils reposent ici, objet éternel de nos souvenirs et [243d] de nos louanges. Car c'est leur courage qui nous assura non-seulement le succès de cette journée, mais celui de toute la guerre. Ils ont acquis à notre ville la réputation de ne pouvoir jamais être réduite, même quand tous les peuples se réuniraient contre elle ; et cette réputation n'était pas vaine : nous n'avons succombé que sous nos propres dissensions, et non sous les armes des ennemis : aujourd'hui encore nous pourrions braver leurs efforts ; mais nous nous sommes vaincus et défaits nous-mêmes.