Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/750

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tairement injuste, qui, faute de lumières, prend le mal pour le bien et fait l’un pour l’autre.

Le crime avec la science et la force préféré à l’erreur et à la faiblesse, voilà, certes, une morale fort extraordinaire. Le sérieux apparent avec lequel elle est ici présentée est-il un badinage, et ces altiers paradoxes renferment-ils moins une théorie qu’un persiflage indirect des lieux communs et des maximes étroites et absolues dont se compose la morale vulgaire, au profit de la libre culture de la volonté et de l’intelligence dans laquelle réside la vraie morale ? Nous le croyons, et c’est bien ainsi, selon nous, qu’il faut entendre le second Hippias. Mais il faut convenir aussi que, si telle a été la pensée de l’auteur, il aurait bien dû la laisser percer un peu davantage, et la développer autrement. En effet, si on voulait montrer le vice et renverser la tyrannie