Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/779

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SOCRATE.

Es-tu seulement très instruit et très capable en l'art de compter ? et n'es-tu pas aussi très bon en ce même art, où tu es très capable et très instruit ?

HIPPIAS.

Très bon aussi, Socrate.

SOCRATE.

Tu dirais donc au mieux la vérité [366e] sur ces objets, n'est-ce pas ?

HIPPIAS.

Je m'en flatte.

SOCRATE.

Mais quoi ! ne dirais-tu pas également le faux sur les mêmes objets ? Réponds-moi, comme tu as fait jusqu'ici, Hippias, généreusement et noblement. Si on te demandait combien font trois fois sept cents, ne mentirais-tu pas mieux que personne, et ne dirais-tu pas toujours faux sur cet objet, s'il te prenait envie de mentir, et de ne jamais répondre la vérité ? [367a] L'ignorant en fait de calcul pourrait-il mentir plutôt que toi, si tu le voulais ? Ou n'est-il pas vrai que l'ignorant, lors même qu'il voudrait mentir, dira souvent la vérité contre son intention et par hasard, par la raison qu'il est ignorant ? au lieu que toi qui es savant, tu mentirais constamment