Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, III et IV.djvu/861

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malhonnêtes gens : c'est pourquoi, crois-moi, prends garde que tu ne sois de ce nombre, [284e] de peur qu'ils ne disent du mal de toi. Car, sache-le bien, les bons parlent mal des méchans. — Et des grands hommes, en parlent-ils grandement, interrompit Euthydème, et des brusques brusquement ? — Oui, reprit Ctésippe, et des ridicules ridiculement ; et ils disent que leurs discours sont ridicules. — Oh ! oh ! repartit Dionysodore, tu dis des injures, Ctésippe, tu dis des injures — Non, par Jupiter ! Dionysodore, je t'estime trop ; mais je t'avertis en ami, et je tâche de te persuader de ne jamais me dire en face et si rudement que je souhaite [285a] la mort des personnes qui me sont très chères.

Comme je vis qu'ils s'échauffaient trop, je me mis à plaisanter Ctésippe, et lui dis : Il me semble, Ctésippe, que nous devons accepter de ces étrangers ce qu'ils nous disent, et ne pas disputer avec eux sur des mots, pourvu qu'ils veuillent nous faire part de leur science ; car s'ils savent refondre les hommes, d'un méchant et d'un ignorant faire un homme de bien et un sage, n'importe qu'ils aient eux-mêmes découvert ou qu'ils aient appris [285b] d'un autre cette espèce de destruction merveilleuse par laquelle ils font périr le méchant et mettent à sa place