Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/11

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si tu y consens, quelle est ta façon de penser sur la propriété des noms.

SOCRATE.

Ô Hermogène, fils d’Hipponicus, c’est un vieux proverbe que les belles choses sont difficiles à apprendre. Et vraiment ce n’est pas une petite affaire que l’étude des noms. À la bonne heure, si j’avais entendu chez Prodicus[1] (03) sa démonstration à cinquante drachmes par tête, qui nous fait connaître, à ce qu’il dit, tout ce que l’on doit savoir à cet égard : il ne tiendrait à rien que tu n’apprisses à l’instant même la vérité sur la propriété des noms. Mais quoi ! je n’ai entendu que sa démonstration à une drachme ; je ne puis donc savoir ce qu’il y a de vrai sur ce sujet : néanmoins me voilà tout prêt à chercher en commun avec toi et avec Cra-

  1. Prodicus, rhéteur, sophiste et grammairien de l’île de Céos. Ses concitoyens le députèrent plusieurs fois à Athènes, où il se fit une grande réputation et gagna beaucoup d’argent. Il donnait des séances où l’on n’était admis qu’en payant une rétribution, souvent très élevée. Ses démonstrations, parmi lesquelles on citait un éloge d’Hercule, appartenaient surtout à cette éloquence déclamatoire qu’Aristote a classée dans le genre démonstratif. Mais il paraît aussi qu’il rendit des services réels à l’étude de la grammaire, en insistant sur la valeur propre des mots, avec une recherche minutieuse, dont Platon se moque particulièrement dans le Protagoras, t III de la trad. fr.