Page:Platon - Œuvres, trad. Cousin, XI, XII et XIII.djvu/231

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THÉÉTÈTE.

Et pourquoi ?

L’ÉTRANGER.

C’est supposer hardiment que le non-être est; autrement le faux ne saurait être. Or voici, mon cher enfant, ce que le grand Parménide nous enseignait jadis quand nous étions à ton âge, et au commencement et à la (in de ses leçons, en prose et en vers :

Jamais (dit-il) tu ne comprendras que ce qui n’est pas est :
Éloigne ta pensée de cette recherche[1].

Outre ce témoignage, nous pouvons décider la question par le raisonnement, sans même le pousser bien loin. Faisons-en l’expérience, si tu n’y répugnes pas.

THÉÉTÈTE.

Pour moi, je te laisse le maître; tu n’as qu’à choisir la route qui te paraîtra la meilleure, y marcher et me conduire après toi.

L’ÉTRANGER.

C’est ce qu’il faut faire. Dis-moi, ce qui n’est en aucune manière, osons-nous l’exprimer ?

THÉÉTÈTE.

Pourquoi pas?

  1. Fulleborn, Fragm. d. Parm. p. 98.